Ogden’s of Liverpool - St. Bruno flake & ready rubbed

ogden's st bruno flake ready rubbed

Apparence:
-- flake: un flake plutôt sombre et relativement sec, allant du noir au brun et quelques brins blonds.
-- ready-rubbed: pas de brins blonds, flake émietté de manière plutôt régulière, quelques parties très noires, plus grosses que le reste.

Odeur:
-- flake: odeur florale très marquée
-- ready-rubbed: odeur beaucoup moins marquée

Bourrage et fumage:
-- flake: le flake s'émiette très facilement, étant relativement sec, il peut se bourrer tel quel. Bonne combustion.
Au goût, on retrouve le parfum floral, mais ce parfum ne masque pas le goût du tabac. Le tabac est assez épicé et plutôt costaud.
C'est un tabac viril qui possède un très bon équilibre entre aromatisation et goût naturel du tabac.
Je le préfère lorsque je bourre directement les flakes, sans les émietter, le goût est plus prononcé.
Pour moi, un très bon tabac matinal.
-- ready-rubbed: bourrage très facile, bonne combustion.
Le goût, comme le nez, est moins marqué que celui du flake.
Tout au long du comparatif, le ready-rubbed m'a fait penser à une version light du flake, moins goûtu, moins fort, moins épicé, assez peu remarquable au final.

Conclusion:
Après avoir pu goûter le flake au début de l'été grâce a un membre du forum, je me disais déjà que j'apprécierais en avoir de stock afin d'en fumer plus régulièrement.
Cette expérience m'a confirmé dans mes envies et je vais commencer à en acheter.
Le ready-rubbed est, par contre, bien moins intéressant. Après tout, pourquoi choisir un tabac connu pour son aromatisation très particulière sur un fond de bon tabac pour se tourner vers une version diluée ? (AlexAB)

Ce tabac aussi bien le flake que le ready rubbed a une hydrométrie parfaite.
Les brins sont souples et permettent un bourrage facile.
La couleur:brun marron plus ou moins foncée.
Le nez est discret et un peu poivré.

Fumage:c'est un tabac fort qui me fait penser au Royal yacht de Dunhill.
Un goût de tabac brun domine surtout avec le ready rubed tout le long du fumage.
Avec le flake le virginie est plus présent en début de bol.

Ayant débuté le test dans une pipe dédié au virginie je pense que ce blend est susceptible de marquer une pipe.
Prudence donc.

En résumé ma préférence va au flake dans une pipe dédiée.
Le flake a une combustion plus régulière.
Il me parait plus équilibré.
Excellent tabac a fumer après un bon repas. (Yvan78200)

Les flakes que j'ai reçus m'ont paru plus clairs qu'il l'étaient dans mon souvenir. Je n'avais plus fumé de St Bruno en flakes depuis 20 ans.
Du brun havane au brun sombre, peu de tête de nègre. Alors que les brins du Ready Rubbed vont du brun foncé à la tête de nègre avec très peu de tonalités havane.
En outre, le RR est légèrement plus gras. (Mon RR ne m'a pas été fourni par Guillaume. Il vient d'Espagne).

Au nez, pas de différence notoire entre les deux coupes. Un tabac qui me donne envie avec son parfum de pruneau séché.

J'ai testé les deux présentations dans deux pipes différentes.
Tout d'abord dans une petite Orlik lovat que je dédie à ce tabac.
Ensuite, j'ai bourré deux petites écumes de l'un et de l'autre et les ai fumées simultanément.

Je m'abstiendrai des descriptions gustatives; elles ont été faites mieux que je ne pourrais le faire (Font-ils un tabac ? n°6).
Je me limiterai donc à une comparaison simple.

La première Orlik de flakes fut un enchantement. Un tabac tel que j'aime. Equilibre parfait entre sucre et acide, juste ce qu'il faut d'amertume, de force et de nicotine.
La seconde Orlik chargée au ready Rubbed m'a laissé sur ma faim. Moins de contraste entre sucre et acide et davantage d'amertume.
Le second test simultané dans deux écumes n'a fait que confirmer mes conclusions.
Le flake St Bruno est un grand champion. Le Ready Rubbed joue "petit bras". (alregen)

Test St-Bruno ready rubbed

degré d'humidité: tabac étonnamment bien humide, malgré le voyage en pochette.
aspect: du vrai ready rubbed, c'est-à-dire du tabac compressé (flake) qui a été émietté. Il a donc l'aspect d'un tabac en bruns standard mais avec des morceaux de flake. C'est sympa car le bourrage est simple: on bourre sans se prendre le chou avec X manipulations
couleur: c'est sombre: du dark su brun maduro, rien à voir avec un VA blond
nez: pas évident à décrire. Ca sent le vrai tabac d'homme avec un goût assez "sombre" genre tabac du Lakeland mais en bcp moins floral et en plus "vielle prune" ou noisettes.
Désolé, je ne suis pas capable d'être plus précis...
à fumer: étonnamment, c'est assez doux, surtout le 1er tiers. Ensuite, ça devient vraiment très intéressant avec une montée en puissance des arômes.

Conclusion: un tabac naturel légèrement aromatisé qui est exactement le contraire des mélanges aromatiques danois ou américains.
Ces derniers ont une aromatisation qui masque le vrai goût du tabac, qui est forte durant le 1er tiers et qui disparaît ensuite, quand le tabac chauffe.
Celui-ci a une aromatisation qui ne masque pas le tabac mais qui le révèle, en d'autres mots qui est à son service. De plus, son goût se renforce en cours de route.
Pour moi, c'est typique de ce goût apprécié des Anglais de la grande époque, quand par goût anglais, on voyait tantôt les mixtures au latakia (ce qui est le cas de nos jours) mais aussi ces tabacs sans latakia mais aromatisés avec des aromes naturels. Ca restait en fait deux façons naturelles d'aromatiser/agrémenter le tabac.

Test réussi et approuvé
PS: compte rendu après 2 bols, l'un dans une James Upshall Liverpool et l'autre dans une Dirk Claessen billiard
NB: le tabac marque bien les pipes. A ne pas tester avec votre fumeuse préférée de délicat VA blonds! (Gilles Suisse)

C'était la première fois que je comparais un ready-rubbed et un flake. L'expérience est intéressante sans nul doute. J'ai fumé les deux dans ma Peterson tout terrain. ;)

La couleur et l'odeur des deux ersatz sont très semblables à ceci près que le parfum du flake est plus intense. Très agréable en tout cas, entre notes florales (un très vieux souvenir de Kentucky bird...m'est revenu...) et prunes.

Le résultat du fumage n'est guère original : ma préférence va nettement au flake. Le ready rubbed pêche par sa fadeur et ne soutient pas la comparaison avec son frère de lait.
Comme je découvrais également le saint Bruno à cette occasion, je comprends pourquoi il s'agit d'un classique et d'un tabac de tous les jours. Ce n'est pas trop complexe mais comme c'est sans surprise, il est une parfaite habitude.
Je n'émettrais qu'une réserve toute personnelle, pour l'avoir fumé le matin....ouch! Je le préfère le soir ! (harry james)

Ce qui m'a surpris à l'ouverture des 2 pochettes, c'est l'hygrométrie. Habituellement, je fume mon tabac plus sec (un peu), mais ce coup-ci j'ai décidé de le tester tel quel.
J'ai commencé par le flake. Ne passons pas par quatre chemins, ce fut un régal. Premier point et non des moindres, il est doux à mon palais.
Deuxième point, il est légèrement acidulé, mais n'oublie pas régulièrement de vous envoyer une petite note sucrée, un vrai bonheur.
Sur le plan de la nicotine, c'est roboratif, mais sans excès.
Niveau gustatif, désolé, mais je n'arrive pas à sentir les notes florales. C'est un tabac complexe et c'est délicat de cerner les différents arômes. J'ai bien réfléchi, à part des notes de confiture de figues, pour le reste je bloque. Mais c'est vraiment très bon, à tel point que cela faisait longtemps que je n'avais pas fumé un bol jusqu'au dernier brin et que j'avais presque envie de remettre ça dans la foulée
Si il y a une aromatisation, elle a le mérite de ne pas dénaturer le tabac qui compose ce mélange, tout particulièrement le Kentucky.
J'allais oublier...les flakes sont très faciles à émietter et à bourrer !

Pour le Ready Rubbed, comment dire ? C'est tout simplement moins complexe, beaucoup moins goûteux. On ne retrouve pas l'équilibre acide/sucre.
C'est beaucoup plus terne. Pas mauvais, mais pas attirant.

J'ai fumé ces deux tabacs dans la même pipe pour être certain de ne pas être influencé par la bruyère.
Je rachèterai du flake, c'est certain. Il est dans le haut de ma liste de prédilection. (ChrisHarps)

J'ai été fort surpris aussi à l'ouverture de l'enveloppe, bonne hygrométrie, idéale pour lancer un fumage. Les parfums étaient fort agréables et très attirants.
Profitant de la présence de mon père fumeur de pipes lui aussi, aux goûts très sélectifs, il a beaucoup apprécié le flake, très plaisant par rapport à son St-Claude habituel...
En ce qui me concerne, j'ai trouvé le flake très harmonieux, moins profond il est vrai pour le ready rubbed qui n'était pour autant pas déplaisant au demeurant. Et moi qui avait peur côté vitamine N, je n'ai pas du tout été perturbé... J'ai beaucoup apprécié ces présences de figues et confiture aussi, ce n'est pas du tout envahissant, présent tout du long du fumage, et le tabac est bien présent derrière. Vraiment chapeau pour un tabac anglais du commerce comme on achèterait du... ...St-Claude ici !
Combustion très régulière, on finit sans mal, on en redemande ! C'est sûr, à une prochaine occase, celui-là fera partie de la liste ! (EtienneB)

Version flake :

De belles tranches de flake sombres et compactes facilement détachables qui ne collent pas aux doigts. Au nez, c’est le côté floral qui domine avec une belle présence de jasmin et d’iris, ainsi que de la bergamote et de la lavande. En arrière plan un tapis de mousse assoit bien le mélange. L’allumage se fait sans encombre avec une fumée relativement épaisse mais non agressive. Plutôt salé, la palette gustative au premier tiers reste floral accompagnée de fruits rouges comme le cassis et la cerise. Très vite le mélange est puissant en bouche, particulièrement épicé et poivré avec des notes de clou de girofle. J’aime cette puissance qui ne mord pas la langue évoluant lentement vers le minéral et le goudron. Le final ajoutant des notes de torréfaction et de café. Un bon tabac de tous les jours qui n’est pas anodin pour autant.

Puissance : 3/4
Room note : 2/4
Final : 3/4

Version ready rubbed :

Il m’a fallu finir l’échantillon envoyé par Guillaume avant de me prononcer tant cette version me laisse circonspect. Avant allumage, le ready rubbed offre quasi la même palette odorante que le flake, sauf que l’aromatisation se fait plus présente avec des notes florales plus intenses comme la rose. À l’allumage, le mélange est moins puissant et plus fleuri que sa version flake. La vanille du virginia arrive à se frayer un chemin et assoit très bien ce démarrage. C’est ensuite que les choses se corsent. En effet, à la moitié du bol, la timidité des arômes laisse place à une surenchère de puissance et l’âpreté me pique la langue. Très épicé et résineux, le gingembre exalte son piquant. Un tabac pour les costauds des muqueuses.

Puissance : 4/4
Room note : 2/4
Final : 1/4

Pour conclure, il est intéressant de noter comme un même mélange évolue différemment en fonction de son conditionnement. J’imagine que le simple fait de préparer le flake en ready rubbed a ouvert les arômes en mettant l’aromatisation au devant de la scène. Cependant, sa version flake me convient mieux car l’ensemble est plus rond et moins agressif. (rijks)

Deux tours pour chacun, dans la même Jean Nicolas dodue que j'avais déjà dédiée au Ready rubbed trouvé à Lisbonne.
Je m'y étais fait à ce Ready rubbed, et à son fruité un peu exubérant, presque lourd. Il fallait trouver le bon moment, mais je m'y étais fait, et je ressortais parfois sur mon bureau la boîte métallique rectangulaire qui m'avait été donnée il y a quelques dizaines d'année par un copain de mes parents de retour de Grande-Bretagne (à cause du prénom, sans doute).
La vraie découverte, c'est la version Flake. Elle m'a semblée plus fruitée au nez, en tout cas d'un fruité plus intense. J'ai retrouvé la même note en bouche, avec une nuance de goût de crayon à papier et quelque chose d'acidulé (la bergamote trouvée par les copains). Cette nuance, plus aigüe, donne de la vivacité et équilibre la sensation de lourdeur du Ready rubbed, qui paraît en comparaison un peu chimique. La fumée est florale, crémeuse.

Il va bien falloir finir les pochettes ramenées du Portugal, peut-être en les attendant un peu pour qu'elles s'assagissent. Mais il est évident que je commanderai, et sans tarder, du Flake, parce que son équilibre, même après rallumage quelques heures après avoir abandonné la pipe entamée, est beaucoup plus agréable. (BrunoC)

'ai fumé ces tabacs dans une terre (Prungnaud), un Cob et une petite Talbert LB. C'est clairement dans la bruyère qu'ils sont le plus agréables pour moi.

Première remarque, ce sont les mêmes tabacs, je ne détecte rien qui pourrait laisser penser que le RR ait été blendé différemment du flake, seul le conditionnement change.
C'est intéressant, car les différences au fumage sont loin d'être inexistante.

Le nez est savoureux, j'y détecte une douceur pâtissière typiquement virginienne, des accents floraux, de discrets fruits secs et, en particulier dans le flake, quelque notes terreuses type Kentucky. Le nez est légèrement plus puissant dans le flake.

Au fumage les différences sont plus marquées.
Le RR est en ouverture très doux, c'est le virginia et les notes florales qui dominent, une légère acidité citronnée aussi. c'est une fumée qui me satisfait vraiment. Au fur et à mesure du fumage s'ajoute intensité, notes terreuses et amertume, rendant le mélange plus complexe et équilibré, mais ça me plait moins que le démarrage. La nicotine se fait rapidement ressentir et je dois stopper le fumage au bout d'environ 30-40 min. (petite nature, oui je sais)

Le flakes est tout de suite plus viril, pour moi les accents de Kentucky sont plus dominateurs que dans le rr, les arômes floraux eux en revanche sont plus en retrait. Pour moi le flake donne trop de nicotine et je suis en général obligé de stopper après 20-30 minutes.

En conclusion, le RR est pour moi un très bon tabac que j'apprécie vraiment, mais je dois le limiter à de petites pipes à cause de la nicotine. le flake plus fort est lui un peu au-delà de ce que je peux supporter, je l'apprécie donc moins. (François C)

Il se trouve que je suis en train de fumer le dernier paquet de ready rubbed qui me restait de chez JPP (acheté il y a un peu plus de 4 ans). Je vous rejoins sur le fait que le flake est nettement plus riche, plus complexe, plus rassasiant que le RR, mais ne jetons pas l'opprobre sur ce dernier. Comme le font justement remarquer certains, c'est un tabac courant au Royaume-Uni, un tabac de tous les jours, et donc fumable comme tel : quelque soit l'endroit, quelque soit le moment. Avec le RR, on a envie de fumer, on bourre, on allume, on prend plaisir même si on n'a pas le temps de décortiquer et d'analyser ce que l'on fait. Il s'allume facilement, ne se consume pas trop vite, n'agresse pas, ne lasse pas, rassasie. Bref, à mes yeux, il tient ses promesses. Encore faut-il, bien sûr, être sensible à son goût prononcé et à ses saveurs bien particulières. Le seul reproche que je lui ferais, c'est qu'il est parfois un peu fort en nicotine. Je dis parfois, car son effet varie d'une pipe à l'autre. Hier soir, il était vraiment costaud après dîner dans une Sommer (en bruyère), alors qu'il était tout doux vendredi dans une Dunhill ! (flake)

Saint Bruno Readdy Rubbed

Composition : virginies, kentuky, aromatisation

Un mélange à l'aspect très sombre, dominé par le noir et des bruns foncés. Au nez, un arôme vineux, astringent, fumé, avec une note douceâtre sous-jacente, sur les fruits confits. Les virginies ont l'air acides, le kentuky bien présent.

Il y a quelque chose de complexe dès les premières bouffées : tout à la fois un côté giboyeux, presque animal, fumé et sombre, porté par un kentuky particulièrement expressif, et un côté suave et légèrement astringent, piquant, sur les fruits secs (raisin), le poivre blanc et un aigre-doux sur le gingembre, la bergamote. En bouche, il y a du sucre, de l'acide et de l'amer, l'ensemble se révélant à mon goût très équilibré. Côté arômes, le tout est bien équilibré également sur le début de la pipe, avec une dominance du côté animal sur certaines bouffées, puis du côté suave.

Voilà une bien égréable surprise, qu'un mélange disponible sur le marché anglais, diffusé en supermarché, commun et populaire, soit si complexe, bien que fougueux par l'astringence et l'excès d'acidité dès le deuxième tiers (surement dû au jeune âge du tabac). Cela fait une sacrée différence avec notre amsterdamer ou notre gris local, la qualité est incomparable. La fumée est ronde en bouche, presque onctueuse, et renforce le plaisir du fumage. Les riches arômes sont portés par une puissance moyenne mais bien affirmée, qui a tendance à augmenter au fil de la dégustation.

Ce St. Bruno readdy rubbed n'évolue que très peu. Au delà de cette linéarité, je note un renforcement du côté animal et viril du mélange, lentement mais surement, au détriment de la suavité de l'aromatisation et des virginies qui, pour autant, ne cessent pas de s'exprimer dans le même registre que décrit précédemment, jusqu'au dernier tiers du mélange. A ce stade, ne subsiste que le caractère animal des tabacs, maintenant dénués de suavité et donc beaucoup moins complexes - et donc moins intéressants. Je ne ressens dès lors qu'un fort arôme giboyeux, un fumé sombre et sec, toujours de l'astringence, un côté grillé, voir brûlé (charbon, cendre). La puissance augmente sur ce final, amplement roboratif et dominé par un kentuky très viril. Quelques rares notes herbacées, voir mentholées, peinent à complexifier l'ensemble.

Sur certaines pipes, et dans la mesure des dégustations possibles avec un échantillon, la suavité des premiers temps est moins marquée, avec plus d'amertume et d'acidité en bouche, ainsi qu'un côté giboyeux plus marqué.

Points forts : deux premiers tiers riches et complexes, caractère et typicité, roboratif
Points faibles : linéarité, rétrécissement aromatique de la finale, décevante, astringence trop prononcée (défaut de jeunesse?)

Note : 13.5/20

Saint Bruno Flake

Composition : virginies, kentuky, aromatisation

Des flakes plutôt minces et réguliers, attirants, sombres, dominés par le brun, avec des pointes noires et beiges.

Au nez, des arômes qui me font irrémédiablement penser à un tabac typiquement anglais : des fruits confits, de la confiture d'abricot, de la gélatine sucrée, un fumé léger et une odeur de moisi, de foin humide et de cuir qui domine et prend le pas sur la suavité.

Je découvre un tabac riche et sombre dès les premières volutes. En bouche, il y a du sucre, une légère acidité et beaucoup d'amertume. La fumée, épaisse, tapisse le palais d'un goût de tabac noir. Les arômes portent en fer de lance une pointe sucrée, suave mais modérément, sur les fruits secs (raisin). Le corps du mélange est fait de cuir et d'un fumé sombre et gras, de terre humide. Ces arômes sont comme enrobés d'un autre arôme particulier et typique du St. Bruno, très anglais, légèrement suave et surtout savonneux, comme du coal tar soap. Cet arôme très savonneux reste en bouche, et en arrière goût. L'ensemble est riche et puissant.

Les épices, au départ ténus, prennent de plus en plus d'ampleur et de place dans cet ensemble, apportant de la complexité, sur le poivre noir et la bergamote, le gingembre. Une note boisée, sombre elle-aussi, et de champignon, complète le tout, riche, complexe et de plus en plus fort en goût comme en arômes. Corrélativement, l'arôme savonneux se retire progressivement en faveur d'une expression plus naturelle des tabacs.

Le dernier tiers continue sur cette ligne, quoi qu’encore plus sombre et malheureusement plus resserré au niveau aromatique. La nicotine se fait bien plus présente et, conjointement aux lourds arômes de tabac noir et fumé, me rassasie pleinement en fin de dégustation.

Dans certaines pipes ce St. Bruno Flake a été plus vulgaire avec beaucoup plus de piquant et d'acidité en bouche, cela dès le départ et avec une tendance à déséquilibrer le tout (là encore, comme avec le readdy rubbed, un défaut de jeunesse?).

Une conclusion en trois mots : populaire, typique et agréable. Populaire outre-manche où il est facilement disponible, quoique de moins en moins paraît-il, il semble être l'équivalent de notre clan, amsterdamer ou gris national ; toutefois, et comme pour la version en readdy rubbed, aucune comparaison n'est possible avec ces mélanges. Ici, nous avons un tabac de qualité, où les arômes s'expriment avec richesse et complexité. Typique, du fait de cette aromatisation savonneuse et charbonnée qui, il est vrai, a tendance à marquer les pipes dans lesquelles ce tabac est fumé, qui plaît ou ne plaît pas selon les goûts de chacun, mais, et il faut s'en féliciter, n'entrave en rien l'expression naturelle des tabacs. Agréable, enfin, il l'est à mon goût, et présente peu de défauts mis à part un manque d'évolution, une finale resserrée mais moins que sur le readdy rubbed, et une tendance à plus de vulgarité sur certaines pipes. Sans aucun doute, je vais en encaver pour voir ce que cela donne.

Points forts : sombre et typique, richesse et complexité des deux premiers tiers, rassasiant
Points faibles : linéaire, dernier tiers peu intéressant, parfois vulgaire

Note : 15/20 (Charles)

je me suis amusé à fumer les deux tabacs côte à côte, en même temps, afin de mieux les comparer. Pour bien faire, j'ai alterné les tabacs dans les deux pipes, afin que l'impact de la bruyère ne biaise pas trop mes impressions. L'inconvénient de cette méthode est que pour éviter de trop fortes doses de nicotine, je ne remplissais pas de gros foyers entièrement. J'ai peut-être manqué certaines notes finales (je pense notamment à certaines notes de grain de café torréfié que je trouvais parfois au fond d'une pipe de St Bruno flake, lorsque j'habitais à Londres et que j'en fumais avec plus d'assiduité).

Dans l'ensemble, les deux tabacs m'ont semblé très proches : riches, sucrés, forts en nicotine, avec des notes de fruits secs, de prune, des épices qui s'affirment petit à petit et des notes florales. Leurs combustions varient et laissent voir plus ou moins de douceur et de profondeur selon les cas. Néanmoins, après plusieurs pipes, j'ai du mal à tirer des généralités sur la coupe qui donne les meilleurs résultats. A mes yeux, chacun à su tirer son épingle du jeu à un moment donné / dans une pipe donnée.

Venons-en aux caractères qui me semblaient plus accentués dans chaque version.

Pour le flake, il m'a semblé un peu plus profond, plus complexe, en mettant un peu plus l'accent sur des notes céréalières (impression d'un pain de campagne bien cuit, vous savez, à la croûte cassante !). Dans cette version, j'ai ressenti des fruits plutôt secs (raisin, figue, pruneau) qui évoluaient dans un côté plus viril, corsé, un peu terreux avec des touches de noisette. Par dessus ça, s'ajoutent petit à petit des épices qui me semblent plus présente que dans la version ready rubbed.

Cette deuxième version m'a semblé un peu plus fraîche, plus végétale. J'ai eu l'impression de retrouver des notes florales (violette, bergamote) plus marquées, qui m'évoquaient par moment certains savons. Les fruits étaient cette fois-ci bien mûrs (reine claude surtout). Mais dans l'ensemble il me semblait qu'on avait affaire à un tabac un peu moins fin, moins complexe.

Ces différences entre les deux versions sont à nuancer, en rappelant qu'à mon palais, ces deux tabacs étaient vraiment très proches. S'il fallait n'en garder qu'un, je crois que j'opterais tout de même pour le flake. (Damien)

Ogden’s of Liverpool